Bonjour,
Votre question soulève un point crucial et souvent mal connu : les trimestres générés par le CSP et par le chômage classique (ARE) ne sont pas traités de la même façon pour la retraite anticipée carrière longue. Pour bénéficier de ce dispositif, seuls les trimestres **réputés cotisés** sont comptabilisés dans le seuil des 170 trimestres requis. Or, les trimestres issus d'une période de CSP sont des trimestres d'assurance « assimilés », qui entrent dans votre durée totale d'assurance, mais ne sont **pas** réputés cotisés pour l'ouverture du droit à la retraite anticipée. En revanche, jusqu'à **4 trimestres de chômage indemnisé classique (ARE)** sur l'ensemble de la carrière sont, eux, réputés cotisés et comptent bien pour atteindre les 170 trimestres.
Ce point change sensiblement votre calcul. Si vous partez en CSP pendant 12 mois, les trimestres générés durant cette période ne vous rapprochent pas du seuil de 170 trimestres réputés cotisés. Seuls les trimestres ARE post-CSP (dans la limite de 4 sur toute votre carrière) pourront être pris en compte. Selon la date de votre départ en plan social et la durée du CSP, le nombre de trimestres ARE disponibles avant le 1er avril 2028 pourrait s'avérer insuffisant. Si vous refusez le CSP et optez directement pour l'ARE dès votre licenciement, vous activez immédiatement ces 4 trimestres réputés cotisés, ce qui optimise votre trajectoire.
Sur la question du timing, plus vous quittez l'entreprise tard (septembre plutôt que juin), plus vous accumulez de trimestres effectivement cotisés par le travail, réduisant d'autant le nombre de trimestres assimilés dont vous aurez besoin. Une simulation personnalisée auprès de votre caisse de retraite (Assurance retraite / CNAV) reste indispensable avant toute décision définitive, afin de valider précisément votre relevé de carrière et les droits ouverts à votre date cible.
Cordialement,
Farouk Er-Razki
Avocat au barreau de Paris
il y a 8 heures
Bonjour
Merci de votre réponse qui est moins optimiste pour mon cas.
Je n'ai pas encore rencontré la DRH de ma société, mais j'ai déjà vécu un plan social en 2023 ou je n'avais pas été touché personnellement car plusieurs collègues étaient parties volontairement et avaient profité à l'époque de la mise en place du CSP.
A cette époque, j'entendais que le CSP n'était pas considéré comme du chômage, que l'on cotisait y compris pour l'assurance vieillesse et que par conséquent, on avait des trimestres validés et cotisés pour la retraite. C'était en 2023, peut être que cela a changer depuis.
J'ai essayé de prendre un rdv avec la caisse de retraite, mais pas moyen d'en avoir un, que ce soit par téléphone ou chez eux en tête à tête.
Si j'optais pour le chômage directement, disons à partir de septembre, pour 2026, de toute manière, j'aurai déjà mes trimestres cotisés vu que je travaille toujours. En étant toujours au chômage en janvier 2027, je pourrais avoir 1 trimestre cotisé tout les 50 jours soit les 4 vers le 18 juillet 2027 sauf erreur.
Il ne me manquerait plus que 1 trimestre pour 2028, mais le soucis est que je ne dois pas avoir plus d'un an de chômage sinon je perd le bénéfice de ma carrière longue.
Donc de septembre 2027 à avril 2028, il faudrait impérativement que je travaille, chose qui ne me dérange pas, mais la difficulté que je vois et que je crains, c'est de trouver un travail à 61 ans et seulement pour une courte durée de 7 mois. Quel employeur acceptera t'il cela ?
Merci encore de votre réponse
il y a 7 heures
Il ne vous manquera sans doute pas de trimestres si vous perdez votre emploi, que vous acceptiez un CSP ou que vous passiez directement par le chômage classique.
Le CSP n'est pas un « vrai » contrat de travail mais, pendant toute sa durée, vous êtes considéré comme stagiaire de la formation professionnelle et vous restez affilié à la Sécurité sociale, y compris pour la retraite (maladie, maternité, invalidité, décès et retraite de base) : les périodes indemnisées au titre du CSP sont assimilées à du chômage indemnisé et valident donc des trimestres pour la retraite, comme l'ARE classique, dans la limite de 4 par an (50 jours indemnisés = 1 trimestre environ)
En 2026, vos trimestres « cotisés » proviendront de vos salaires (1 trimestre validé dès que votre salaire annuel atteint 150 × le Smic horaire, soit 1 803 € bruts par trimestre en 2026) puis, à partir de la fin de votre contrat, les trimestres seront validés au titre du chômage indemnisé, que ce soit via CSP ou ARE ; la mécanique que vous décrivez (4 trimestres vers juillet 2027 si vous restez indemnisé sans interruption) est cohérente.
En pratique, pour choisir entre CSP et chômage « classique », la vraie différence se joue surtout sur l'accompagnement (reclassement, formation) et le montant/durée de l'allocation, pas sur le fait d'avoir ou non des trimestres pour la retraite, car dans les deux cas vous en aurez.
Bien à vous
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Xavier DAUSSE
il y a 7 heures
Très bien merci beaucoup, j'ai compris.
Pour résumé
Au 1er janvier 2026, j'étais à 161 trimestres ( il m'en faut 170 )
Fin 2026, comme je travaille, je serai a 165 trimestres
En 2027, entre le CSP qui aura débuté soit en juin 2026 soit en septembre 2026 ( selon la mise en place du plan social imposé par la direction) qui durera donc 12 mois maximum, suivi de l'ARE, j'aurai aussi mes 4 trimestres cotisés, ce qui fera 169 trimestres.
Et début 2028, les 50 premiers jours de l'année, donc bien avant le 1er avril, date "officiel" de mon départ en retraite, je récupèrerai le dernier trimestre manquant pour atteindre les 170 demandés.
Tout es correct ?
Juste une dernière précision, c'est sûr que je ne perdrai pas le bénéfice de ma carrière longue, en cumulant 1 an de CSP avec 8 à 10 mois de l'ARE ?
Encore un grand merci pour toutes ces explications très claires mais en même temps, c'est quelque chose de compliqué qu'il faut prendre très au sérieux
il y a 6 heures
Votre raisonnement sur le nombre total de trimestres (170) semble cohérent en théorie, mais deux points doivent être surveillés de près : d'une part, il ne peut jamais être validé plus de 4 trimestres par an, même avec CSP + ARE + travail , et d'autre part, seuls certains trimestres sont comptés comme « réputés cotisés » pour la carrière longue (chômage indemnisé, CSP, maladie, etc.), avec des plafonds (par exemple 4 trimestres de chômage indemnisé au total
En principe, le fait de passer par 1 an de CSP puis plusieurs mois d'ARE ne vous fait pas perdre le dispositif carrière longue, à condition que, au moment de votre départ, vous remplissiez toujours les deux conditions clés : avoir bien commencé à travailler avant l'âge requis (16, 18, 20 ou 21 ans) et totaliser le bon nombre de trimestres « cotisés ou réputés cotisés » pour votre génération .
Pour sécuriser votre situation, il est vraiment important de faire vérifier votre relevé de carrière par la CARSAT (ou via info‑retraite.fr) en leur demandant expressément une étude « carrière longue » avec prise en compte du CSP et de l'ARE, afin de confirmer officiellement que votre départ anticipé au 1er avril 2028 sera bien validé.
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Xavier DAUSSE
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